Carsac, la première Carcassonne

Carsac, la première Carcassonne
C’est au VIe siècle avant notre ère que des populations se sont installées sur la colline qui constitue aujourd’hui la Cité de Carcassonne. Mais il y a une histoire avant l’Histoire, et c’est ce qu’ont découvert les archéologues menés par Jean Guilaine à la fin des années 70 en effectuant des fouilles à quelques kilomètres au Sud de là, sur le plateau de Carsac.
Un oppidum gaulois à l’origine de la Cité

Avant la ville romaine, fondée sous le nom de colonie Julia Carcasso, le site était déjà occupé par un oppidum gaulois, c’est-à-dire un espace sommairement fortifié. Jean Guilaine nous le décrit comme « un petit marché indigène […] qui abritait une communauté d’agriculteurs, d’éleveurs et d’artisans. »

Un monde d’agriculteurs de céréales et d’éleveurs de caprins, de bovins et de porcs

On aurait pu en rester là en termes de connaissance. Sauf que le hasard en a voulu autrement.

Un chantier d’autoroute pour préparer l’avenir… et redécouvrir le passé
Fouilles de Carsac (photo Guilaine)

C’est presque par hasard que le site a été découvert. La construction d’une autoroute nécessite d’importants travaux de terrassement. A chaque fois, ce sont des millions de m3 de terre qui sont déplacés pour définir le tracé de la future voie. Ici, il faut creuser, là, au contraire, remblayer. C’est le cas pour la portion d’autoroute qui contourne la ville de Carcassonne. Là, les équipes de chantier découvrent ce qui ressemble à des fosses enterrées, en forme de cloche.

Appelés sur le chantier, les archéologues sont formels

Il s’agit bien de silos, sans doute destinés à conserver des céréales. Leur fouille permet de découvrir des fossés et de délimiter la zone occupée par ce qui ressemble de plus en plus à une bourgade. Les céramiques retrouvées permettent de dater l’implantation à la fin de l’Age de Bronze, soit les premiers siècles du millénaire précédant notre ère, mais certains fossés remontent incontestablement à la période plus récente de l’Age du Fer. Il faut donc considérer qu’il s’agit d’une implantation qui s’est prolongée sur plusieurs siècles : entre – 900 et -600 environ.

Une implantation étonnamment vaste pour l’époque
(Photo : Vaquer)

Ce qui surprend le plus archéologues et historiens, c’est la taille du site. D’après les estimations, le site d’une trentaine d’hectares pourrait avoir accueilli un bon millier de personnes. C’est énorme pour ces temps-là et dans la région : presqu’une ville. D’ailleurs, la présence de céramiques venues de tout le bassin méditerranéen prouve qu’au-delà des activités agricoles et artisanales, on a bien pratiqué sur le site de Carsac des échanges de produits d’origine lointaine.

Une bourgade désertée au profit de la future Cité de Carcassonne

Pourquoi, la population a-t-elle quitté Carsac pour la future Carcassonne ? Différentes hypothèses ont été hasardées mais aucune n’a encore été attestée. Dans tous les cas, la disparition du village de Carsac coïncide avec la création de l’oppidum gaulois sur la colline voisine d’à peine 2 kilomètres… De là à imaginer que Carsac soit à l’orgine de Carcassonne, il n’y a qu’un pas. Un pas que Jean Guilaine nous invite à franchir.

 

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