Les cris de Gargolh par Eric Marsiam

Les cris de Gargolh par Eric Marsiam
Eric Marsiam est l’un des 5 plasticiens à présenter une oeuvre dans l’exposition la Ronde des Gargouilles. Il a accepté de réinterpréter une des gargouilles dessinée par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe pour la restauration de la basilique Saint-Nazaire dans la Cité de Carcassonne.
Détail de la fresque du château de Bioule (Tarn & Garonne)
Détail de la fresque du château de Bioule (Tarn & Garonne)

 

Ce sont des rencontres qui ont façonné la carrière d’Eric Marsiam, peintre-graveur, natif d’un petit village du Tarn et Garonne blotti autour d’un château médiéval, Bioule. Première rencontre, celle avec une fresque médiévale du château qui abritait alors l’école. Ensuite, celle encore enfant avec la peinture à travers la restauration d’une fresque de l’église du village. Fasciné, le jeune Eric observe les gestes patients d’un peintre qui inlassablement préparait ses couleurs en lui faisant apprendre leurs noms : bleu de prusse, jaune de chrome, rouge de garance… Jusqu’à la rencontre avec un peintre, Pierre Brunel, qui s’installait avec son chevalet et sa canne à pêche au bord de l’Aveyron pour peindre le paysage sans jamais essayer d’en retrouver les couleurs naturelles et qui lui expliquait « Il ne faut pas copier la nature, il faut créer l’harmonie ».

Une formation loin de son terroir auprès des plus grands mais des attaches régionales

Lauréat de son premier prix de peinture à 12 ans, Eric Marsiam va se former auprès des plus grands. Au sein de l’Académie de la Grande Chaumière d’abord, puis à l’Atelier 17, expériences à partir desquelles il créera son style inspiré des techniques de gravure enseignées par Hayter. Sa carrière l’amènera à vivre à Paris ou Marseille et à multiplier les voyages dans le monde mais ses retours réguliers dans la région toulousaine ont développé chez lui une passion pour Carcassonne et sa Cité.

Les cris de Gargolh
Eric Marsiam à ses pinceaux

C’est sans hésitation aucune qu’Eric Marsiam a accepté de travailler sur l’une des gargouilles dessinée par Eugène Viollet-le-Duc. Il a vu dans le mouvement ambigu de Gargolh qui semble se boucher l’oreille de la main gauche alors qu’il met la droite en cornet un symbole de la dualité du monde. Pour lui, de son poste d’observateur, Gargolh incarne le déchirement entre l’attraction naturelle de l’être pour la violence et la guerre et son aspiration pour l’amour et la paix. Il faut donc voir dans sa bouche largement ouverte à la fois un cri d’horreur et un cri de joie. C’est donc tout naturellement qu’il a créé une œuvre écartelée entre deux univers colorés, résumée par le symbole du ying et du yang arboré par la gargouille sur sa robe.

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