L’aixphiltré de Patrick Robart

L’aixphiltré de Patrick Robart
Patrick Robart est l’un des 5 plasticiens à présenter une oeuvre dans l’exposition la Ronde des Gargouilles. Il a accepté de réinterpréter une des gargouilles dessinée par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe pour la restauration de la basilique Saint-Nazaire dans la Cité de Carcassonne.

Patrick Robart est avant tout le peintre de la lumière, de la chaleur des étés méditerranéens qui écrasent les paysages et modifient les formes. Sa palette occupe tout l’espace de la toile qu’elle illumine de ses bleus intenses, de ses jaunes orangés et de ses rouges éclatants, comme s’il voulait fixer le soleil dont les fruits et les fleurs sont gorgés. Peu de personnages dans ses toiles. Parfois un trait noir souligne la silhouette ou le visage d’un acheteur ou d’un vendeur sur la place du marché. Mais généralement l’accent est mis sur l’amoncellement des cageots, des corbeilles pleines de fruits et légumes, sur le joyeux désordre du marché, débordant de vie et de richesses gourmandes. Il peint avec le même bonheur les paysages arides et caillouteux des Corbières ou la lumière des criques méditerranéennes, où dominent les bleus et les ocres dorés.

Patrick Robart et la Cité
Patrick Robart dans sa galerie au coeur de la Cité
Patrick Robart dans sa galerie au coeur de la Cité

Seul artiste installé au cœur de la Cité depuis près de 40 ans, Patrick Robart n’est pas né Carcassonnais, il l’est devenu. C’est sans doute ce qui explique que son attachement ne se limite pas à la seule ville mais s’élargisse plus globalement au terroir dans lequel elle s’ancre. A l’heure où les enfants nés dans la Cité choisissaient de la quitter pour s’installer plus confortablement aux alentours, lui a fait le choix exigeant d’y vivre à plein temps, profitant de ses charmes mais aussi des nuisances de cette forteresse qui génère un certain sentiment d’enfermement.

L’aixphiltré

Ainsi sa gargouille semble désireuse de s’extraire de la gangue formée par les remparts. Seule sa tête émerge au-dessus des merlons et créneaux dont elle cherche à se dégager. Elle porte dans les plis de sa robe toutes les promesses d’un ailleurs où Gargolh se sentirait plus libre. Le Canal du Midi, le fleuve Aude, la fontaine affectueusement nommée par les Carcassonnais le « Roi des Eaux », le vignoble qui entoure la Cité, le Pont-Vieux qui la relie à la Bastide… Ainsi sa créature, par la grâce de l’amour du terroir et des eaux qui baignent la forteresse devient un véritable aixphiltré, incarnant un monument aspirant à retrouver le contact avec le monde qui l’entoure.

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