Les gargouilles de Saint-Nazaire et Saint Celse

Les gargouilles de Saint-Nazaire et Saint Celse
Les gargouilles de la basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse de la Cité de Carcassonne ont une histoire. Laissez-nous vous la raconter.
Basilique Saint-Nazaire au coeur de la Cité© Éditions CS PROD
Cathédrale, simple église de quartier, puis basilique
Basilique St-Nazaire (Ph Benoist)

On ne connaît pas avec précision la date de construction de l’Eglise Saint-Nazaire et Saint-Celse, du nom de deux saints italiens.  Sa construction, accolée à une ancienne église carolingienne, remonte sans doute aux wisigoths. On sait par contre avec certitude qu’elle devient cathédrale en 925.

En 1096, la cathédrale romane sort de terre. Le pape Urbain II, qui rentre à Rome après avoir appelé à la 1ere croisade à Clermont-Ferrand, bénit les matériaux réunis pour ce chantier.

En 1269, un grand chantier voit le jour. En effet si la nef demeure en place, il n’en est pas de même pour le chœur qui est démoli, laissant la place à un nouveau choeur deux bras du transept gothiques. Ce chantier durera plus de 50 ans pour ne s’achever que dans les années 1330.
Endommagée sous la Révolution, la cathédrale devient bien national.  C’est en 1840 que la basilique est déclarée monument historique et, à ce titre, bénéficie de la protection des autorités nationales.

En 1844, Eugène Viollet-le-Duc, architecte des Monuments Historiques, est chargé du chantier de rénovation.

Les gargouilles et l’architecture médiévale

Ecoutons Viollet-le-Duc qui nous explique la raison d’être et l’histoire de cet ornement architectural : « Ce n’est guère que vers le commencement du XIIIe siècle que l’on plaça […] des gargouilles à la chute des combles. Jusqu’alors, l’eau des toits ou des terrasses s’égouttait directement sur la voie publique. »

Les plus anciennes gargouilles recensées par l’architecte appartiennent à la cathédrale de Laon et remontent donc à 1220. Déjà, note-t-il, « ces gargouilles affectent la forme d’animaux fantastiques. »

Lors de la restauration de l’église Saint-Nazaire, il est confronté à la disparition des gargouilles. C’est là que sa créativité artistique va pouvoir s’exprimer. En effet, il écrit

La variété des formes données aux gargouilles est prodigieuse : nous n’en connaissons pas deux pareilles en France et nos monuments du moyen-âge en sont couverts.

Viollet-le-Duc troque ses outils d’architecte pour le pinceau d’artiste et il va inlassablement dessiner des gargouilles qu’il fait réaliser par les tailleurs de pierre du chantier. De ce travail, restent les silhouettes fantastiques qui ornent la basilique mais également les nombreuses esquisses de sa main conservées aux Archives Départementales de l’Aude.

Esquisses de Viollet-le-Duc (Archives Départementales de l’Aude)
Quand vous passerez devant la basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse, n’oubliez pas de lever la tête… Et si vous passez par la Cité entre septembre et décembre 2017, vous aurez la chance d’assister à un événement inoubliable : la Ronde des Gargouilles

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