Un théâtre dans la Cité

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Un théâtre dans la Cité

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A l’origine l’église Saint-Nazaire était dotée d’un cloître qui s’étendait le long de sa façade Sud. Il faisait partie du quartier canonial, comprenez les différents édifices abritant les chanoines chargés d’administrer la cathédrale et leurs activités. Détruit sous la Révolution, en 1793, il a laissé la place à des vignes et à un verger adossés aux remparts et surplombés par la tour Mipadre et celle du Moulin du Midi. C’est au début du XXe siècle avec le développement du tourisme et la vogue pour les théâtres de plein-air, qu’émergea le projet d’un théâtre dans la Cité.
Un phénomène qui touche particulièrement le Midi de la France.
Une simple vigne (© Archives départementales de l’Aude)

Dès la fin du XIXe siècle, les arènes d’Orange, Nîmes et Béziers ont été aménagées pour accueillir des scènes. Les vestiges romains prêtent leur décor grandiose à des représentations théâtrales et musicales souvent liées à l’Histoire. D’ailleurs, en 1905, c’est un opéra d’André-Ferdinand Herold sur une musique de Charles-Gaston Levadé, Les Hérétiques, qui attire l’attention de la municipalité de Carcassonne. Quel meilleur décor imaginer pour cet épisode de la croisade contre les Albigeois que les remparts de la Cité de Carcassonne ? L’idée fait son chemin. Le 3 Juin 1908, le premier adjoint à la municipalité de Carcassonne, Jean Sempé, propose : « Nous avons pensé que nous avions ici à Carcassonne un admirable décor qui s’approprie magnifiquement à des spectacles de ce genre, je veux parler de la Cité. Il y a à la Cité une salle de spectacle en plein-air toute trouvée, qui est le cloître de Saint-Nazaire. » L’élu va plus loin évoquant le fait que l’afflux de spectateurs constituerait « une notable source de bénéfices pour les commerçants de la ville. » La logique qui veut que l’offre touristique ne se développe pas sans activité culturelle (et vice-versa) est formulée. Rien ne l’arrêtera plus. Le projet de théâtre est lancé.

Un théâtre construit en quelques semaines
Une scène au pied de la Tour Mipadre (© Archives départementales de l’Aude)

La rapidité avec laquelle le projet est monté est à peine croyable ! Evoqué le 3 juin 1908 en conseil municipal, le projet est soumis le 20 Juin à la Commission permanente de la Cité, alors présidée par Antonin Cros-Mayrevieille, qui l’approuve sans réserve. Transmise par le Préfet, la demande d’autorisation est signée par Etienne Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, le 27 juin. En moins d’un mois, le terrain est défriché, débarrassé des gravats qui l’encombrent, la scène montée et les gradins, en quarts de cercle concentriques, construits. La capacité du théâtre est fixée à 5000 spectateurs avec des places à des tarifs dégressifs selon l’éloignement de la scène.

26 Juillet 1908, une première représentation est donnée

C’est un drame historique, La Fille de Roland, qui met en scène et en vers, les amours impossibles entres la fille de Roland et le fils de Ganelon, les deux héros antagonistes de l’entourage de Charlemagne dans l’épopée médiévale. Cette pièce qui en 1875 a valu la célébrité à son auteur, Henri Bornier, est restée trois mois à l’affiche de la Comédie-Française avec Sarah Bernhardt dans le rôle principal. Même si la représentation organisée à Carcassonne ne présente pas une distribution aussi prestigieuse, elle connaît le succès. On ne peut déplorer que  quelques maladresses dans l’agencement du tout nouveau « Théâtre Antique de la Cité » qui voit certains de ses gradins s’effondrer sous l’affluence, ou des spectateurs se plaindre de ne pas avoir une bonne visibilité sur la scène. Certains prennent même le risque de s’installer sur le chemin de ronde

Représentation de La Fille de Roland (©Archives départementales de l’Aude)
Le théâtre fait désormais partie des murailles…

D’installation provisoire en cette année 1908, le théâtre voit son existence pérennisée au prix de quelques aménagements et, un an après cette première représentation,  le 25 Juillet 1909, la nouvelle scène est inaugurée. On y donne un drame historique de Victor Hugo, Les Burgraves, avec l’un des tragédiens les plus connus de son temps, Mounet-Sully. Le succès est au rendez-vous. Et il est tel que dès l’année suivante, ce ne sont pas moins de quatre spectacles qui sont organisés. Hormis durant la grande guerre, les étés se ressemblent désormais dans la Cité, accueillant les grandes pièces du répertoire classique et faisant résonner les remparts des vers des Shakespeare, Racine, Corneille, Molière….

Ce n’est pas encore un festival, au sens que nous donnons aujourd’hui à ce terme, mais avouons que ça y ressemble fort…
Le Théâtre Jean Deschamps (©Ph. Benoist)
Le Théâtre Jean Deschamps ( Ph. Benoist)

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