Cité de Carcassonne, un patrimoine classé

Cité de Carcassonne, un patrimoine classé
Pendant longtemps, le patrimoine ne désignait que l’ensemble des biens d’une famille transmis de génération en génération. Ce n’est qu’au XIXe siècle que le patrimoine national suscite l’intérêt de l’Etat qui va rapidement mettre en place une administration dédiée à sa sauvegarde. Aujourd’hui la notion s’est étendue à l’échelle mondiale et même au patrimoine immatériel. La Cité de Carcassonne en fait incontestablement partie.

 

L’invention des monuments historiques
Une fenêtre : tout ce qu'il reste de l'église Saint-Sernin après la révolution
Une fenêtre : tout ce qu’il reste de l’église Saint-Sernin après la révolution

C’est en 1830, sous Louis-Philippe, qu’est instaurée en France l’Inspection générale des monuments historiques, chargée notamment de procéder à un inventaire du patrimoine architectural du pays. Il s’agit d’une réaction aux actes de vandalisme qu’ont subi à la Révolution nombre d’édifices. A l’indignation de certains intellectuels, parmi lesquels Victor Hugo, vient se greffer l’intérêt du mouvement romantique pour le Moyen-Age. Dans la Cité de Carcassonne, symbole de l’autorité royale et religieuse, certains bâtiments sont saccagés voire détruits. Ainsi, il ne reste plus rien de l’église Saint-Sernin ou de certains bâtiments conventuels.

 Un inventaire du patrimoine
Le Grands Puits (©Ph. Benoist)
Le Grands Puits (©Ph. Benoist)

La toute jeune administration commence par procéder à un inventaire national s’appuyant sur le travail de comités locaux constitués d’érudits sous l’impulsion des préfets. Prosper Mérimée, l’un des premiers inspecteurs en poste écrit alors « Le mauvais goût qui a présidé à la plupart des réparations faites depuis deux siècles à nos monuments du Moyen Age, a laissé des traces peut-être plus funestes que les dévastations, suites de nos guerres civiles et de la Révolution.» A Carcassonne, un jeune avocat, Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, embrasse ce combat avec fougue. Historien et archéologue autodidacte, il s’investit  pour que l’ancienne cathédrale Saint-Nazaire soit inscrite dans cet inventaire et, à ce titre, protégée par l’Etat. En 1840, il obtient sa première victoire avec le classement de l’édifice dont la restauration commence en 1846.

Des classements successifs
Viollet-le-Duc, caricature d E. Giraud ©BNF/Gallica)

Entre l’architecte mandaté par les Monuments Historiques, Eugène Viollet-le-Duc, et l’avocat, l’entente est d’abord de rigueur. Ensemble, ils obtiennent le classement du château et des remparts de la Cité. Le sauvetage de Carcassonne peut commencer. Dès lors, les inscriptions s’enchaînent, de 1918 à 1988, c’est le cas pour le Petit et le Grand Puits et, enfin, l’hôtel de la Cité. Autour de la Cité, le Pont Vieux, la Maison Montmorency et la Manufacture de la Trivalle font l’objet d’une même procédure. Propriétés privées ou publiques, appartenant au domaine de l’Etat, de la Ville ou du Département, ces monuments sont désormais protégés.

Le patrimoine mondial de l’UNESCO

Reste à Carcassonne à affirmer sa dimension mondiale. C’est chose faite en décembre 1997. Après une première candidature en 1985 que le bureau du Patrimoine mondial demande de différer, la Cité obtient son classement au patrimoine mondial pour l’intérêt archéologique et historique du site mais également pour le chantier de restauration exceptionnel dont elle fut l’objet. Ce n’est pas seulement la forteresse médiévale qui retient l’attention du jury mais aussi la façon dont Viollet-le-Duc l’a réinventée et dont elle incarne désormais la vision que le XIXe siècle se faisait du Moyen-Âge.

Cité de Carcassonne (©Ph. Benoist)
Cité de Carcassonne (©Ph. Benoist)
Une nouvelle procédure de classement au Patrimoine mondiale est actuellement en cours. Cette fois, il s’agit de l’ensemble représenté par Carcassonne et les châteaux médiévaux d’Aguilar, Lastours, Montségur, Peyrepertuse, Puilaurens, Quéribus et Termes. Le tout constitue un exemple remarquablement complet de fortifications de frontière. Ces forteresses reconstruites sur des sites soumis à la couronne après la croisade contre les Albigeois jalonnent la nouvelle frontière établie par le traité de Corbeil (1258) entre le royaume de France et celui d’Aragon. Depuis avril 2017, la Ministre de la Culture a officiellement inscrit le projet sur la liste indicative des biens français, première étape vers l’inscription au Patrimoine mondial.

 

 

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