Métamorphose de Philippe Gauberti

Métamorphose de Philippe Gauberti
Philippe Gauberti est l’un des 5 plasticiens à présenter une oeuvre dans l’exposition la Ronde des Gargouilles. Il a accepté de réinterpréter une des gargouilles dessinée par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe pour la restauration de la basilique Saint-Nazaire dans la Cité de Carcassonne.
Philippe Gauberti
Philippe Gauberti

Né en 1962, Philippe Gauberti plonge ses racines dans le Sud-Est de la France. Il s’ouvre à la sculpture en 1999 à l’occasion d’études sur le design de l’objet. Tel un peintre recherchant ses couleurs, Philippe Gauberti choisit rapidement sa matière : le métal. Particulièrement l’inox poli miroir mais aussi le zinc chromé, le bronze et l’acier. Il révèle la dualité qui existe entre la froide rigidité du métal et sa souple chaleur dévoilée par sa technique acquise auprès d’un Maitre artisan en chaudronnerie, polissage, soudure, fonderie… Son univers se joue de la lumière et est marqué par une forte influence architecturale où les lignes s’évaporent. Philippe Gauberti nous propose des œuvres évolutives qui présentent des tableaux différents, selon l’endroit où elles sont placées car l’environnement est une composante de ses sculptures.

Gauberti et Carcassonne
Odalisque de Philippe Gauberti
Odalisque de Philippe Gauberti

C’est presque un hasard si la carrière de Gauberti l’amène à plusieurs occasions à exposer à Carcassonne en divers lieux comme le Palais de Justice. Pourtant, ce provençal devenu pyrénéen (Tarbes) entretient une relation de cœur avec la Cité depuis l’enfance. Son attachement s’est créé à l’occasion de visites chez un oncle vivant à Narbonne qui lui a fait découvrir la ville médiévale et a nourri son imaginaire d’innombrables histoires sur le monument. C’est donc spontanément que le sculpteur a souhaité participer à la Ronde des Gargouilles tout à son désir d’apporter un grain de sable à la revitalisation du site.

La métamorphose de la gargouille
Gauberti dans son atelier
Gauberti dans son atelier

Comme souvent dans son travail, Gauberti ne se contente pas de l’aspect extérieur des êtres ou des objets. Il définit sa mission comme étant de « révéler ce qui pourrait être ». Pour le sculpteur la phrase de Prévert « J’ai reconnu mon bonheur au bruit qu’il fit en me quittant » incarne ce potentiel caché qui n’attend que le geste de l’artiste pour se manifester. Ainsi, dans l’enfermement symbolique de Gargolh, il voit quant à lui l’aspiration à la liberté, dans la noirceur, la clarté, dans la laideur, la beauté. Il a donc littéralement ouvert la gargouille clouée au sol par la force de gravité pour permettre son envol, introduit la lumière dans cette œuvre sombre et apporté la couleur orange, celle qui incarne selon ses mots, la révélation et le sacré.

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