1240 : le siège de Carcassonne

1240 : le siège de Carcassonne
Est-ce parce que la Cité a été maintes fois assiégée qu’on y a au fil des siècles ajouté autant de fortifications ou est-ce parce qu’elle était fortifiée qu’on l’a si souvent assiégée. Difficile de trancher sur ce débat qui nous ramène à l’éternel dilemme « Qui, de l’œuf ou de la poule? ». Dans tous les cas, l’épisode qui s’est déroulé en 1240 semble militer pour la première hypothèse. En effet, il est clair que c’est la tentative de reconquête du dernier des Trencavel qui a certainement été à l’origine de la décision prise par l’autorité royale d’ériger la deuxième enceinte de remparts et d’affirmer ainsi son autorité sur un territoire longuement contesté.
La volonté de revanche de Raimon Trencavel
Armoiries des Trencavel

Raimon Trencavel n’a que deux ans lorsque, en 1209, son père, Raimon-Roger, vicomte d’Albi, de Béziers, de Carcassonne et de Razès meurt dans sa prison après sa reddition aux croisés menés par Simon de Montfort. Ce dernier obtient en 1211 de la mère de l’héritier, Agnès de Montpellier, qu’elle renonce à ses droits et à ceux de son fils. C’est donc un jeune noble sans fief qui est confié à la tutelle du comte de Foix, ami et allié de son père. Mais tout change lorsque Simon de Montfort, harcelé par des mouvements de révolte locaux, décide de s’attaquer à Raymond VII, comte de Toulouse, et meurt en 1218 durant le siège de cette même ville. Dès lors, la région s’embrase et les villes se soulèvent l’une après l’autre contre Amaury de Montfort qui a succédé à son père.

Vers une reconquête ?

Fort de ce mouvement, le comte de Foix conduit les hostilités. Au nom de son pupille, Raimon Trencavel,  il reconquiert Limoux et le Razès. Amaury, vaincu, abandonne Carcassonne, perd Limoux… Le répit est de courte durée. Excommunié en 1227, Trencavel voit la plupart de ses vassaux et son suzerain, Raymond VII accepter la Paix de 1229 proposée par Louis IX.

Saint-Louis (miniature XIIIe siècle, Archives Nationales)
Un long exil à nouveau suivi d’une bataille historique
Sceau des Trencavel

Réfugié à la cour du roi d’Aragon, Raimon Trencavel ne reparaît qu’en 1240, à la tête de chevaliers catalans et aragonais. Profitant d’une nouvelle campagne de reconquête de son territoire par Raymond VII, il s’empare de Montréal, Montolieu, Saissac, Limoux et autres seigneuries locales. Il pousse l’audace jusqu’à mettre le siège devant la Cité de Carcassonne et reçoit l’aide  de la population. Mais le roi de France envoit des renforts. Trencavel est contraint de lever le siège et connaît par la suite de cuisants revers militaires. Réfugié en Espagne, il se soumet au roi de France, abandonnant ses droits sur les vicomtés de Béziers et de Carcassonne. Dès lors, dompté, il prend la croix et suit Louis IX  en Terre Sainte. L’histoire des Trencavel s’achève là, une épopée faite de victoires et de redditions successives…

La Cité de Carcassonne lui doit une partie de son mythe et la Croisade contre les Albigeois son épilogue. Carcassonne reste place-forte de la Couronne de France,  administrée militairement et civilement par un sénéchal qui détient tous les pouvoirs militaires et civils , sous l’autorité religieuse de l’évêque… Prudent, Louis IX fait construire une deuxième ligne de remparts et notamment la Tour de la Vade. Carcassonne a subi son dernier siège.

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La Cité au temps des Trencavel (©CS Editions)

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La Cité remaniée par Louis IX et Philippe le Bel (© CS Editions)

 

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