Les reliques de l’église Saint-Nazaire

Les reliques de l’église Saint-Nazaire
Si la basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse porte ce nom, c’est bien évidemment parce que des reliques de ces deux martyrs de l’époque romaine sont soigneusement conservées en son sein. Mais ce ne sont pas les seules à figurer dans le trésor de l’ancienne cathédrale de Carcassonne comme en atteste un curieux inventaire dressé en 1875 à la demande de l’évêque.
Le culte des reliques

Dans la religion catholique, le culte des reliques est aussi ancien que le culte des saints qui débuta sous le Bas Empire et connut son apogée au Moyen Age. Pour atteindre Dieu, jugé trop lointain, le croyant pouvait se tourner vers les saints, afin qu’ils intercèdent en sa faveur et qu’ils le protègent. Les saints étaient vénérés pour les miracles qu’ils étaient susceptibles d’accomplir. C’est ainsi que se fit jour l’idée selon laquelle leur corps conservait cette capacité après la mort. La notion de relique s’appliqua dès lors à des fragments de corps et, au-delà, aux objets qui avaient été en contact avec le saint de son vivant.

La vente de reliques, une économie florissante au Moyen Age

Durant tout le Moyen Age, le prestige d’une église se mesurait à la qualité et au nombre de reliques qu’elle possédait. De l’importance des reliques conservées, dépendait l’afflux des pèlerins qui venaient se recueillir dans ces lieux et qui faisaient la prospérité de l’église concernée mais aussi de la ville. Les reliques, objets de convoitises, étaient à l’occasion fragmentées et vendues, en dépit des interdictions réitérées par l’Eglise.

Les processions, rappels de la présence des reliques
La procession de la Sainte-Anne dans la Cité, Pringuet, détail (©Ph. Benoist)
La procession de la Sainte-Anne dans la Cité, Pringuet, détail (©Ph. Benoist)

Habituellement, les reliques étaient soigneusement enfermées pour éviter le vol. Cependant, pour raviver l’ardeur des fidèles, il était coutume de les exposer publiquement dans de grandes occasions, comme la fête votive du saint auquel elles appartenaient. C’était le cas pour la fête de la sainte Anne, le 26 juillet de chaque année, dans la Cité de Carcassonne. En 1926, le peintre Pringuet a consacré à cette fête religieuse une partie de la fresque qui orne le fumoir de l’hôtel de la Cité. Dans cette reconstitution d’une scène du XVe siècle, on voit l’évêque, entouré des membres du chapitre de Saint-Nazaire, sortir solennellement de l’église, portant le reliquaire en forme de main qui contient les restes de la main de la sainte. Il est précédé par le sénéchal et suivi par les mortes-payes, la garnison de la Cité, qui font bonne garde. Sur le parvis, les fidèles se pressent autour du cortège et se recueillent.

Les reliquaires, véritables œuvres d’art
Le reliquaire de Saint-Nazaire (©Ph. Benoist)
Le reliquaire de Saint-Nazaire (©Ph. Benoist)

Pour protéger les reliques autant que pour frapper les esprits, les églises faisaient fabriquer par les orfèvres de précieux coffrets, des châsses, qui témoignaient de leur richesse autant que du caractère sacré des restes qu’elles renfermaient. Celles-ci prenaient parfois la forme du membre qu’elle était censée contenir. C’est le cas pour les restes de sainte Anne mais non pour le reliquaire de saint Nazaire qui a fait l’objet d’une restauration en 2009.

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